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Vous avez dit SocleCare ?

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Nous voulons, à travers cet article, vous présenter le SocleCare et mettre en avant son grand intérêt pour les soins infirmiers en psychiatrie. Pour définir le SocleCare, nous avons repris des éléments de la présentation du site www.soclecare.be et complété par des exemples issus de la conférence « vous avez dit SocleCare ? ».

 

Un nouveau concept ?

En psychiatrie, le SocleCare  peut se  définir comme un ensemble d’attentions, de micro-actes, de micro-interventions, que le soignant pratique pour favoriser les dispositions du patient à l’égard des soins. Cette pratique quotidienne exprime une intentionnalité en direction du patient à partir d’une disponibilité soignante. Le soignant se rend par là-même disponible et prend le patient « en compte ». Il se rend psychiquement disponible pour le rencontrer.

Ce SocleCare est indispensable en psychiatrie car les affections mentales troublent le rapport à soi, le rapport aux autres, le rapport au monde et donc, au soignant.
Le patient est abordé par le soignant qui postule  que ce patient  possède ses propres portes d’entrée : des portes cochères à éviter, des portes en trompe l’œil, des portes dérobées où se faufiler. Pour que le patient puisse se permettre de lui donner, prêter ses clefs, il doit pouvoir goûter à « l’ambiance » dans laquelle il peut reconnaître du quotidien, son quotidien, son « familier ».

Ces « petits riens » soignant du quotidien sont autant de médiateurs de la relation de soin :

  • Ils sont l’expression  du soignant qui se dispose en personne pour le soin ;
  • Ils sont l’expression de l’équipe qui se rend disposée à échanger en profondeur pour le soin ;
  • Ils sont constructeurs de cette « ambiance » qui permet au patient de prêter sa confiance au soignant et à travers lui, de se prêter, à lui-même, un peu de confiance ou d’attention.

La recherche de J-P  LANQUETIN & S. TCHUKRIEL (2013) : « L’impact de l’informel dans le travail infirmier en psychiatrie »  offre aux soignants un langage commun pour échanger sur  cet éventail de 139 fonctions de soins invisibles et informels (SocleCare)   dorénavant  saisissables, identifiables et partageables.

 

Résultat de la recherche ?

Lors de cette étude  J-P  LANQUETIN & S. TCHUKRIEL ont posé les questions suivante aux infirmiers(ères) dans 4 établissements français : Qu’est-ce que vous faites? Pourquoi le faites-vous?

Les réponses ont permis l’identification de 139 fonctions de soins informels catégorisées en trois territoires :

  • Orientation « patient » : pour ce patient-là, qu’est-ce que j’emploie comme levier pour prendre soin de lui ?
  • Orientation « professionnel » : qu’est-ce que je peux activer dans mes ressources personnelles et professionnelles pour prendre soin ?
  • Orientation « équipe » : en quoi l’équipe est-elle une « vague porteuse » pour prendre soin ?​

 

Et sur le terrain ?

Voici pour chaque catégorie quelques exemples qui peuvent nous éclairer sur l’aspect « invisible » mais efficace des interventions.

Orientation « patient »

  • Installation/réinstallation en chambre d’isolement : « on a 25 minutes à passer ensemble, par quoi commence-t-on? ». Il s’agit de réinstaller une possible « autonomie patient » dans la gestion d’un cadre contraint ;
  • Se rendre très présent pour border un état d’angoisse majeur ;
  • Miser sur l’effet de surprise pour proposer une porte de sortie décalée dans une situation d’« urgence » comportementale.

Orientation « professionnel »

  • Mettre à l’expérience d’autres modes d’accès au patient : se permettre de faire un pas de danse dans un couloir, chanter, lui déclarer un message théâtralisé dans son expression ;
  • « Faire ce qu’on dit et dire ce qu’on fait », c’est-à-dire apporter une parole soignante fiable afin de faciliter l’installation, le maintien et la culture de l’alliance thérapeutique ;
  • S’adresser à un patient présent via un discours adressé à un collègue

Orientation « équipe »

  • Se disposer pour la rencontre : « plus les soignants se rendent accessibles et habitent l’unité, moins il y a de demandes intempestives de patients:
    décider d’être dans le couloir pendant une heure à déambuler afin d’observer, d’être disponible pour la rencontre ;
  • Coopérer par « ruses de métier » pour pacifier un milieu de soin sous tension ;
  • Estimer l’ambiance du groupe de patients et du groupe de soignants pour pouvoir nettoyer la tension excessive par sa qualité de présence.

Ces exemples montrent que le caractère invisible des prises en soin prend de la valeur lorsque les intentions sont énoncées dans un langage clair et partagé parmi les soignants eux-mêmes.

En conclusion, le SocleCare rend visible et lisible l’informel dans les soins infirmiers en Psychiatrie. Ici, l’informel, ce sont les pratiques du quotidien que chacun réalise et qui ont des intentions sous-terraines. Par exemple, partager un café avec un patient, initier une partie de ping-pong, aller discrètement au-devant, s’installer simplement dans la salle de séjour en prenant l’ambiance, en se montrant disponible, ... 

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Références

http://soclecare.eu/le-projet-soclecare/

https://www.infirmieres.be/sites/default/files/content-site/pdf/vous-avez-dit-soclecare.pdf

http://www.cresam.be/IMG/pdf/soclecare.pdf

http://crmc-psy.fr/wp-content/uploads/2016/05/Pr%C3%A9sentation-du-SocleCare-web.pdf